Sharjah est l’invité d’honneur du Salon du Livre de Thessalonique. Les liens entre la culture grecque et arabe ne se limitent pas au passé, ils se retrouvent aussi dans certains aspects de notre langage quotidien dans le monde arabe.
Par exemple, le mot arabe “baqala” – utilisé pour décrire le supermarché local – ressemble au mot grec “bakalis”. Le terme “bekheir”, signifiant bien ou bon et souvent utilisé en réponse à un salut en arabe, est lié au mot grec “kha-raa” qui signifie joie ou contentement. Les termes pour la musique (musiqa et mousica) et la chimie (kimya et chimeia) ont des similitudes en arabe et en grec.
Le terme arabe pour la Grèce est Yunan, qui dérive également du mot grec Ionia, la région ancienne d’Anatolie en Turquie moderne où vivaient des Grecs. Ces habitants sont considérés comme certaines des premières communautés grecques à avoir eu des contacts avec ce qui est maintenant défini comme le Levant.
Ce sont certaines des similitudes décrites par des auteurs émiratis au Salon du Livre de Thessalonique en Grèce, où Sharjah est l’invité d’honneur. Les échanges culturels entre les Grecs et les Arabes ont eu lieu depuis des siècles au point qu’il est parfois difficile de déterminer dans quelle mesure chaque culture a influencé ses langues respectives. La relation était parfois si dynamique qu’elle a influencé de manière transparente les mots grecs et arabes.
Al Amimi fait référence à Khalid ibn Yazid, prince du VIIe siècle de la dynastie des Omeyyades, réputé pour être un mécène des sciences. Il mentionne comment ce prince a favorisé la traduction de livres grecs en arabe, marquant ainsi l’une des premières instances de transferts linguistiques dans l’histoire de l’islam.
Al Musallam mentionne également comment Ibn Al Muqaffa, auteur irakien du VIIIe siècle, a joué un rôle méconnu dans l’introduction de la littérature grecque dans le monde arabe, en traduisant trois livres grecs en arabe. Il souligne également l’influence des tragédies grecques sur les contes populaires arabes anciens, en particulier sur la perception de l’héroïsme.
Al Musallam évoque également les premiers exemples de l’influence culturelle grecque sur le golfe, antérieurs à l’islam, soulignant notamment comment la musique du fijiri, des chants de marins historiquement chantés par les plongeurs de perles dans le Golfe, trouve ses origines dans les chants spirituels nestoriens.
L’anthropologue grec Haris Melitids affirme que nous ne faisons que gratter la surface pour comprendre l’héritage commun entre les civilisations grecque et arabe. Il souligne l’importance des traductions arabes dans l’histoire des relations gréco-arabes et appelle au renforcement des amitiés culturelles pour renforcer les liens entre les peuples, la culture représentant le mieux l’esprit des nations.
Comprendre notre passé commun et favoriser des amitiés culturelles futures est plus urgent que jamais, car la culture est l’élément fondamental qui unit les peuples et renforce la compréhension mutuelle.
